Les hommes déprécient ce qu'ils ne peuvent comprendre. (Goethe)

Dialogue ? 

 Un non-événement ? 
Il y a longtemps que l'on sait que les membres de l'association anti-UDM se refusent à toute discussion avec nous. Tout au plus alimentent-ils quelques discussions stériles sur des forums bien pensant afin d'augmenter leur audience googlesque. On s'est également rendu compte à plusieurs reprises que M. F. Mitterand, ministre de la culture, préfère feindre d'ignorer tout courrier ou lettre ouverte que lui adressent régulièrement les associations d'UDM.
Aussi, lorsque M. Marc Drouet, sous-directeur de l'archéologie dans ce même ministère, se déclara prêt à recevoir les représentants des Utilisateurs de Détecteurs de Métaux, ceci apparut à beaucoup d'entre nous comme une ouverture, un début de dialogue. Ce ne fut finalement qu'un dialogue de sourds de plus !
M. Drouet accepta donc de recevoir successivement : l'ANDL (15 octobre 2010), l'AFP (17 novembre) et dernièrement la FNUDEM (8 décembre).
De ces rencontres, je ne donnerai pas trop de détails, préférant vous renvoyer vers les différents compte-rendus qui en ont été faits par les participants (voir liens ci-dessous). Ce qui compte, ici, c'est surtout d'analyser la vision de notre loisir par un haut fonctionnaire de la culture, bien que l'on en ait déjà eu un aperçu dans les réponses faites aux différentes questions écrites de députés.
Si l'on devait chercher quelques "plutôt bonnes nouvelles", nous citerions celles-ci :
■ La loi ne sera pas changée.
■ L'accès aux chantiers de fouilles programmées, sera facilité pour les prospecteurs passionnés d'archéologie.
Mais force est de reconnaître que nous aurions préféré un assouplissement de la loi, et que l'accès aux chantiers de fouilles n'intéresse qu'un nombre très limité d'UDM.
A part cela, on reste dans la plus totale incompréhension....
Tout d'abord, M. Drouet se retranche derrière "sa" vision de la loi. Bien que le législateur ait prévu, dans l'article L.542-1 du Code du patrimoine, que seules les "recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie" nécessitaient "une autorisation administrative", il préfère comprendre que "la détection dite de loisir, où qu'elle soit pratiquée, est soumise à l'autorisation administrative". Pourtant, une loi doit être lue et non pas interprétée selon son désir.
A la question "doit-on déclarer les trouvailles fortuites des UDM ?" la réponse est encore simplissime : bien que la déclaration d'objets trouvés soit rendue obligatoire par l'article L531-14 du code du patrimoine, M. Drouet répond à l'ANDL : "Non, L'administration ne traite pas avec les pilleurs.", puis à la FNUDEM : "Oui, on doit déclarer", mais que "sans autorisation préalable, le déclarant est susceptible d’être poursuivi pour infraction à la loi". En gros : "Oui, venez les déclarer, on vous attrapera plus facilement !!".
Autre contradiction concernant cette fois-ci la vente des détecteurs : "Pour les magasins de ventes de détecteurs de métaux, il faut laisser la libre circulation des biens et la liberté du commerce" (réponse à la FNUDEM) mais il s'étonne que des clients puissent payer "parfois très cher un détecteur de métaux inutilisable sur le territoire national" (courrier à l'AFP). C'est en vente libre, mais personne ne devrait en acheter !
Enfin, "last but not least" comme disent nos amis Anglais, M. Drouet déclare ne pas faire "d’amalgame entre les utilisateurs de détecteurs de métaux et les pilleurs" (rapport FNUDEM). Alors pourquoi, déclare-t-il : "Tout autre utilisateur de détecteur de métaux ne disposant pas d'autorisation, et ce quelque soit l'endroit, est considéré comme illégal et sera traité comme un pilleur" et que "Les Forces de l'ordre sont sensibilisées et formées par les soins de la Sous-Direction de l'Archéologie au problème de la détection." (courrier ANDL). Serait-il plus facile d'interpeler un UDM seul dans un labour que de poursuivre les bandes organisées qui pillent les sites archéologiques ? Sans aucun doute !
 Dont acte ! 
De ces déclarations successives il découle non seulement que les découvertes fortuites des UDM n'intéressent pas les archéologues, mais également que la prospection pour le plaisir, sans but historique, ou le pillage d'un site archéologique se trouvent jetés dans le même sac et méritent la même anathème : l'UDM est un pilleur de la pire espèce. Point !
On voudrait pousser tous les UDM à "prendre le maquis" que l'on ne s'y prendrait pas autrement. Détecter à l'abri des regards, poster des sentinelles, utiliser des tenues de camouflage, garder ses trouvailles pour soi, ne plus communiquer, déserter les forums de détection, est-ce là la détection que l'on veut forcer les UDM à pratiquer ? Jouer la carte du "pas vu, pas pris". On peut effectivement le penser. Et c'est certainement ce qui va se produire dans un futur proche si la porte du dialogue ne s'entrouvre pas un peu plus. Mais au moins, tout cela va-t-il faire diminuer les actes de pillage ? Ça, on peut sérieusement en douter..... jusqu'à présent la prohibition n'a jamais réussi à faire ses preuves !
Et si la meilleure solution pour tous était à rechercher dans ce que Michel Feugère, archéologue, chercheur au CNRS, appelle sur son blog la "troisième voie" ? Ne pensez-vous pas, M. Drouet, que la question mérite d'être clairement posée et étudiée ? Mais pour que les choses avançent dans le bon sens il faut le faire sereinement, sans mépris ni à-priori...

Les compte-rendus : 
Mention légale : 
Article L.542-1 du Code du patrimoine : « Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche. »